Les Elfes du Temps 

 

Flaelle, la forêt des elfes du temps

 

Flaelle, la forêt de toutes les légendes, est elle-même en passe de devenir une légende. Comment s’y rendre ? C’est à la fois simple et pas évident. Il suffit d’être dans une forêt, d’y marcher et, si les Elfes de Flaelle veulent vous rencontrer, alors vous vous retrouvez dans une forêt qui n’est ni tout à fait la même ni tout à fait une autre, mais qui est Flaelle. Le problème est d’arriver à ce que les Elfes aient envie de vous rencontrer. Et pour cela il n’y a qu’un moyen : qu’ils soient intéressés par le récit des aventures que vous venez de vivre. Que ce récit soit épique, merveilleux, désastreux ou abominable n’est pas important, pourvu qu’il soit suffisamment fort pour générer une légende, le genre d’histoire qui passe les âges. Car les Elfes du Temps se sont choisi gardiens des légendes de tous les univers, et Flaelle est leur lieu de résidence.

 

L’aventurier arrivant à Flaelle est accueilli par un Elfe du Temps sous les ordres de Linguale Belfindar, la Gardienne des portes. S’il est blessé( le cas le plus fréquent), on lui procure rapidement des soins magiques. Ensuite, on lui explique ce que l’on attend de lui : raconter son histoire. Suivant l’individu on usera parfois de persuasion douce ( promesses de soins futurs, possibilité de consulter les grimoires de la sylvothèque ), mais jamais de coercition. S’il advenait que l’aventurier refuse ou demande en contrepartie des bien matériels ( richesse, armes ou autres objets ) que les Elfes ne veulent pas donner, il serait simplement renvoyé à son point de départ. S’il est d’accord, il est conduit auprès d’Astar Delfamir, le Grand Scriptographe.

 

Les Elfes vivant à Flaelle sont environ deux cents. Répartis en fonction de leurs tâches journalières, ils suivent les directives du grand conseil, un groupe de cinq personnalités qui représentent les grandes orientations des Elfes du Temps. Si Astar Delfamari, le Grand Sciptographe, a un poste à vie( à moins qu’il ne se démette lui-même de ses fonctions), les quatre autres sont élus tous les cent ans (ce qui fait une élection tous les quarts de siècle).

Astar Delfamari est le Grand Scriptographe. Les deux qualificatifs qui viennent à l’esprit quand on le voit sont : sage et posé. Vêtu d’une longue robe aux manches amples, il se déplace tranquillement, levant plus souvent la tête pour admirer la cime des arbres que regardant où il met les pieds. Il est toujours accompagné par deux Elfes, chargés de lui rappeler les contraintes de la vie quotidienne ( quand manger par exemple). Simline porte une besace de fruits et de biscuits, mais elle est principalement chargée de la haute chaise sur laquelle Delfamir s’assoit pour méditer. Lamnel est le préposé à l’écritoire, ce lourd meuble de bois sur lequel Delfamari rédige ses écrits, ainsi qu’aux diverses encres et plumes de rechange. Quant au grimoire en cours d’écriture, il est tellement énorme qu’ils se mettent à deux pour le porter. Lorsque Astar accueille un voyageur, c’est toujours installé sous les frondaisons d’un arbre ; il dit alors à quel point il est heureux d’avoir une nouvelle histoire à consigner. Il est d’un contact agréable, chaleureux. Les choses se gâtent un peu quand il commence à interroger l’aventurier. Au départ ce n’est rien : il explique qu’il n’est pas vraiment intéressé par l’histoire au sens strict du terme, mais par les histoires. Ainsi les quêtes, les histoires d’objets magiques, l’intéressent plus que les conquêtes guerrières (à moins quelles soient sans précédent). Mais ensuite, il veut savoir qui est l’aventurier. C’est-à-dire son nom, son histoire personnelle, ses parents, ses amis, ses habitudes, s’il s’habille toujours de la même manière le matin… Il interrompt aussi le récit pour savoir si la torche était tenue dans la main droite ou la main gauche, quelle était la couleur des habits des kobolds rencontrés, faire préciser l’odeur d’un couloir obstrué par une toile d’araignée géante par rapport à celle d’un grenier encombré de toiles d’araignées normales, etc. Delfamiri a peu d’Elfes sous ses ordres( une dizaine), la plupart travaillent à la sylvothèque en tant qu’archivistes.

Sinaelle Alelflame est la Scrutatrice du présent. Peu présente lors des réunions, elle semble toujours perdue dans un grand rêve. Son apparence est un peu plus humaine que celle des autres Elfes du Temps, et l’on dit que son arrière-grand-mère aurait jadis aimé un homme. Elle se rend souvent près du grand étang du Présent, un lieu magique d’où elle peut suivre et observer les Elfes voyageant hors Flaelle et qui portent sur eux la Goutte de présent, un cristal de détection. Cette vision peut avoir lieu grâce à l’intermédiaire du rêve, aussi Sinaelle et sa douzaine d’assistants forment-ils souvent un étrange parterre de dormeurs autour de la silencieuse pièce d’eau ; Quelques Elfes irrespectueux appellent d’ailleurs Sinaelle la laide au lac dormant, ce qui est plutôt injustifié puisque la majorité des humains la voyant pour la première fois en garde plutôt un souvenir ému.

Lebelen Gelftaberi est Le Découvreur du passé. C’est le responsable du bassin du Passé. Contrairement à l’étang du Présent, ce bassin a été creusé et entouré d’une petite margelle de pierres. Grâce à ses pouvoirs magiques, Gelftaberi invoque des images fantasmagoriques au-dessus du plan d’eau permettant, selon certaines circonstances bien particulières, de voir le passé de certains lieux( grâce aux racines des arbres-temps). Initié aux arcanes magiques, il assure la sécurité de Flaelle et de ses habitants. Ses enchantements tiennent la forêt à l’abri des regards indiscrets et permettent à Linguale Belfindar( la Gardienne des portes) d’observer les abords du domaine, de guider les visiteurs qui ont été invités à entrer et de les surveiller durant leur séjour. Dans sa jeunesse, Gelftaberi hésitait entre l’art de la guerre et celui de la magie. Voyageur, il fut témoin de grandes batailles et comprit que souvent leurs explications prenaient place dans le passé. C’est lui qui a convaincu Kadelfil, le Grand Jardinier, de modifier les arbres-mémoire afin qu’ils puissent s’enraciner dans le passé.

Mellios Kadelfil : Son titre officiel est Grand Jardinier urbaniste. Il est responsable de la pousse des arbres, des maisons, des constructions, des coupes de bois, de la surveillance de la chasse et de la cueillette. Tout cela suffirait déjà à occuper les journées d’un individu normal, mais lui trouve encore le temps de se consacrer à sa passion : les arbres. Il aime leur parler, accompagner leur croissance( normale, accélérée, ralentie), les doter de nouvelles propriétés. Ce n’est pas un simple expérimentateur, il persuade vraiment les arbres, et c’est en bonne entente avec eux que les modifications sont apportées. Mellios a de très nombreux assistants, principalement chargés de l’intendance du domaine de Flaelle.

Linguale Belfindar :La Gardienne des portes est une Elfe fière, descendante directe des Elfes d’argent qui fondèrent Flaelle. Ses longs cheveux, d’un blanc brillant, témoignent de son noble lignage. Grande et élancée, Linguale Belfindar possède une prestance et un charisme hors du commun. Elle cultive autant la magie que l’art de la guerre mais, curieusement, personne ne l’a jamais vue se battre. Il faut dire qu’il suffit souvent d’un simple regard, d’un geste de la main, pour figer l’importun. Linguale Belfindar est aidée dans sa tâche par de très nombreux Elfes( seul Kadelfil a plus d’assistants qu’elle) qui se partagent la surveillance de Flaelle, mais aussi l’éducation des jeunes. La magie, l’art du combat et le druidisme sont enseignés sous son égide, les autres membres du conseil étant trop occupés à leurs pratiques. Le collège de magie, où la Gardienne des portes officie chaque jour, a parfois accueilli de rares étrangers, qu’elle a jugés dignes de confiance. Chargée des relations avec le monde extérieur, Linguale Belfindar supervise l’auberge prévue pour les visiteurs, l’hôpital, ainsi que les éventuelles transactions. Son rôle ne se limite pas à Flaelle, puisqu’elle gère également le départ des Elfes qui parcourent les mondes pour y planter les arbres-mémoire. C’est pourquoi beaucoup l’appellent la Voyageuse, même si elle ne sort presque jamais du domaine.

 

La population de Flaelle n’est jamais vraiment inactive, même si tous les Elfes aiment à se rassembler autour d’un repas pour savourer les rares moments de calme. Tous participent à la grande tâche, sous la houlette des dignitaires du conseil. La majorité des Elfes travaille auprès de Mellios Kadelfil, le Grand Jardinier, et s’occupent de tous les aménagements. En période de travaux, la forêt ressemble plus à une ruche industrieuse qu’à une cité studieuse : coupe du bois, chasse et cueillette, constructions ou réparations en tous genres, entretien des jardins et des arbres… Les Elfes sont également nombreux à assister Linguale Belfindar dans ses rondes et à s’occuper des lieux publics de Flaelle, qu’elle gère avec sagesse ; Les cuisiniers, soigneurs et autres éclaireurs en patrouille n’hésitent pas à participer eux aussi aux travaux d’entretient des jardins, salles communes et des habitations. Les plus jeunes passent leur temps entre les jardins et l’école, qui est tenue par les anciens. L’instruction est une priorité que nul ne néglige.

Toutes les disciplines y sont enseignées, de l’histoire au combat, en passant par les arts, la botanique, la géologie et les langues. Si la plupart des jeunes Elfes sont destinés à jouer un rôle dans la vie de Flaelle, qu’il s’agisse de futurs jardiniers, de mages, de druides ou d’érudits, certains sont préparés dès leur plus jeune âge à quitter la forêt. Il s’agit des Voyageurs. Ce sont eux qui, guidés par la Gardienne des portes, auront pour mission de sillonner les mondes et d’y planter les pousses des arbres-mémoire. Malgré le mystère et les précautions dont s’entourent les habitants de Flaelle, il est rare que les Voyageurs rentrent seuls de leurs périple. La plupart du temps, ils reviennent en compagnie d’invités, fruit d’heureuses rencontres ou connaissances de longue date, qui apportent à Delfamari du travail supplémentaire. Les voyageurs sont pleinement responsables de leurs invités, et aucun d’entre eux ne se risquerait à revenir à Flaelle en compagnie d’un personnage douteux. Le retour d’un Voyageur est toujours l’occasion d’une grande fête. Puis vient la partie la plus délicate du travail. Convoqué devant le grand conseil, il doit faire part de ses impressions, de ses éventuelles découvertes, et de tous les détails susceptibles d’éveiller la curiosité d’Astar Delfamari. Le rôle des Voyageurs dans la grande œuvre des Elfes du Temps est donc considérable, puisque ce sont eux qui parcourent les mondes, plantent les arbres-mémoire et rapportent les histoires qui viendront nourrir les grands arbres de la forêt.

 

Les arbres-mémoire : Quand un aventurier raconte son histoire devant Astar Delfamari, celui-ci la consigne dans son grimoire. Mais l’écrit n’est jamais qu’un pis aller pour les Elfes. En fait c’est l’arbre sous lequel est installé le Grand Scriptographe qui écoute et mémorise. En même temps Simline, l’assistante d’Astar, tient une pousse d’arbre-mémoire. L’histoire est donc enregistrée par écrit, par un arbre adulte et une pousse d’arbre. Une fois l’histoire racontée, la pousse est confiée à l’Elfe du Temps qui raccompagnera l’aventurier dans son monde. Elle sera plantée dans l’une des forêts de ce monde, et commencera à enregistrer tout ce qui se passe autour d’elle. Ainsi, elle pourra transmettre ses connaissances aux Elfes du Temps qui viendront la consulter ultérieurement et servira de repère aux futurs Voyageurs. Pour ces voyages, les Elfes du Temps emportent avec eux une Goutte de présent. Ce petit cristal les relie directement à Flaelle par l’intermédiaire du grand bassin du Présent. Ils peuvent donc être localisés à tout moment par Sinaelle Alelflame. Car il est tés fréquent que les Voyageurs s’attardent dans le monde où ils sont envoyés, soit pour découvrir par eux-mêmes les secrets d’un territoire encore inconnu, soit pour faire d nouvelles rencontres. La plupart des arbres de Flaelle sont des arbres-mémoire, ressemblant beaucoup à des chênes. Un botaniste, un Elfe ou un druide peuvent sentir cette différence. Ces arbres enregistrent particulièrement bien les événements qui surviennent autour d’eux, et sont capables de les restituer fidèlement à ceux qui savent parler aux plantes. Ou plus simplement, ils envoient des rêves à ceux qui dorment à leur pied( principalement aux Elfes du Temps, aux jeunes enfants, aux devins et aux femmes enceintes).

Les arbres-temps : Flaelle abrite aussi des arbres-temps, une espèce d’arbre développée par Mellios Kadelfil( suite aux desiderata de Lebelen Gelftaberi ). Plus ils vieillissent, plus leurs racines s’enfoncent dans le sol. Grâce à une puissante magie, on peut voir ce qui s’est passé autour de l’endroit où l’arbre a été planté : des événements datant d’avant la plantation de l’arbre. Un arbre planté depuis 1an permet de remonter 10 ans dans le passé ; etc. Depuis bientôt 30 ans, Kadelfil travaille sur un croisement entre arbre-temps et arbre-mémoire. Il obtient de bons résultats ; d’ailleurs c’est cette nouvelle variété d’arbre qui est désormais confiée aux Voyageurs.

Les aebres-cocons : Autre sujet récent d’expérimentation du Grand Jardinier : l’arbre-cocon, qui ressemble à un grand châtaignier. L’idée est cette fois de transmettre un enseignement qui normalement se fait oralement et est particulièrement long( comme apprendre un sort, une langue ou des coutumes). Le professeur, grâce à un sort, se met en animation suspendue dans l’arbre et lui délivre son enseignement. Ensuite, grâce à un autre sort, un élève peut entrer dans l’arbre et apprendre. Ainsi, un sortilège qui s’apprendrait normalement en 3 ou 8 jours, avec des chances d’apprentissage moindres dues aux diverses distractions, s’apprend en 36 heures dans un arbre-cocon. Le gain de temps s'explique par le fait que l’enseignement est ininterrompu, et que l’élève reste vraiment concentré.

 

 

Merci à Belli Spiritus, mon fidèle ami, qui m'a fourni ces informations sur sa patrie...