Chronique de l'Anneau d'Hiver

Par Zouran
Introduction
14ème Tarkash 1369
Soirétoile, Cormyr.
C'est au nom de la Confrérie du Pendentif Scintillant que je prends la plume, afin de vous conter cette grande aventure qui nous mena sur les routes de longs mois durant. Je me nomme Zouran, du moins pour la plupart des mortels, car étant un représentant de la race gnomique, mon nom prendrait les deux premières pages du présent récit. Je suis le plus ancien membre de ce groupe et amateur de littérature. C'est cette passion pour les écrits qui me pousse à prendre la plume et ainsi vous narrer cette formidable épopée. Maintenant que toute cette histoire s'est tassée, je peux enfin m'atteler à la tâche que je m'étais fixée voici il y a un peu plus d'un an, à savoir en faire un grand récit.
L'histoire débute en automne, plus précisément en fin de ce mois d'Elésias de l'année de la Dague ou1364, selon le calendrier des Vaux. La saison est particulièrement rude pour Mirabar, cité du nord, peut-être, mais habituée à des automnes plus doux tout de même. Notre petite troupe est dans la région depuis un bon mois et nous nous occupons de divers petits problèmes qui troublent la communauté paysanne de Mirabar. Composée alors d'un Invocateur humain assez jeune nommé Kenlor, d'un elfe surdoué pour tout ce qui touche à la magie du feu qui répond au nom de Tanator, d'un minotaure particulièrement puissant s'appelant Kiry et de moi-même, notre groupe s'est fait connaître dans la région après l'avoir débarrassée d'une petite tribu d'ogre particulièrement gênante. Des ogres gênants puisqu'ils kidnappaient des hommes, généralement des blonds entre vingt et vingt-cinq ans, afin de les confier à un mage, un dénommé Nazahot Kelmak. Cet olibrius s'était mit en tête de créer une tourmente, convocation nécessitant, d'après lui, de nombreuses vies humaines afin de fournir l'énergie magique nécessaire. Nous sommes intervenus trop tard pour contrecarrer ses plans, mais il dut payer de sa vie ses méfaits. Ce qui nous permit également de renflouer nos bourses, particulièrement à sec en ces temps de pénurie.
Chapitre 1
La formation de la compagnie
Forêt de Mirabar
Nous étions également en quête de la citée naine disparue de Kemalok, aussi nous dirigions-nous vers le nord, en remontant petit à petit la piste que nous avions découverte grâce à nos recherches dans différentes bibliothèques. Et c'est ainsi que surgirent les ennuis. La forêt commençait déjà à se recouvrir de son blanc manteau, chose quelque peu atypique, bien que nous soyons près de l'Epine Dorsale du Monde. Mais ce n'était pas une chose aussi dérisoire que de l'eau gelée qui nous empêcherait de retrouver ces trésors du passé. Par contre, les voix qui parvinrent jusqu'à nous au détour d'un chemin n'étaient pas pour nous plaire. Bien que nous avancions prudemment quelques instant plus tôt, nous n'avions rien entendu et maintenant, la discussion faisait rage entre ces messieurs, visiblement pas trop d'accord sur ce qu'ils devaient faire. Ils n'avaient pas l'air de se connaître et il y avait visiblement un nain, vu l'accent et la voix grave d'un des protagonistes. Puis ils se séparèrent : laissant deux des leurs sur place, un groupe de trois s'en alla vers le nord. D'un signe de tête, Kiry nous fit signe de rester là, et il s'en alla à la rencontre des deux personnes restées sur le chemin. Mais Kenlor, les dieux ne savent ce qui lui passa par la tête, rattrapa Kiry et pris les devants. Il ne fut pas très discret, et les deux gars ne furent pas surpris de voir émerger le mage des buissons. Il pris un air tout joyeux en allant à leur rencontre, et leur tendit la main. Ne sachant pas quoi faire d'autre, tout étonné qu'il fut, l'homme en cape verte lui tendit également la sienne :
" Enchanté de vous connaître messire, je me no…" Kenlor n'eut pas l'occasion de finir sa phrase. Alors qu'il venait de serrer la main de cet homme en vert, ses pieds se changèrent en une pierre blanche, et rapidement la transformation remontait le long de ses jambes. Passée la seconde d'étonnement, il fut pris de panique.
- "Aaaaaaaah aidez moi les gars ! ! Oh non miséricorde, pas si jeune non ! "
Entendant ses cris, nous nous ruâmes vers lui, l'arme au poing, prêt à défier le danger. Et là, malgré son jeune âge, il fit preuve d'un courage formidable, il ravala ses cris, et d'un ton sans appel nous lança ses derniers mots en même temps que son anneau.
-" Rappelez-vous de moi, et utilisez-le à bon escient. C'est ainsi qu'il finit en statue de marbre, ornant le coté de ce chemin de la forêt."
-" Paix à son âme. Murmura le second homme, tout encapuchonné dans son grand manteau qui lui cachait presque entièrement le visage.
- Mais quoi ? C'est pas si dramatique, m'écriais-je. On a déjà vu pire non ? Ca se dépétrifie les gens de toute façon ! " Hurlai-je plus pour me convaincre que pour détendre l'atmosphère.
- Je crains fort que non, cher gnome.
- Oh toi le druide tais toi, ou plutôt non, explique nous ce qui s'est passé ! Rugit Kiry.
- L'explication se trouve sur ce parchemin, dit-il en sortant un rouleau de parchemin de sa poche droite. Je l'ai trouvé dans ma poche quand je suis apparu dans ce bois, en compagnie des autres. Lisez, mais ne m'en demandez pas plus, je ne comprends rien à cette histoire.
Je pris le parchemin, et lus à haute voix :
- " Chers amis aventuriers,
Je suis le mage Markalor, un puissant sorcier dont les pouvoirs vous ont amenés ici. Pourquoi ? Très simple. J'ai besoin de vos talents. Il faudrait que vous alliez le chercher une petite babiole… un bijou appelé " La Dent de Clanggedin ". Il se trouve dans un temple en ruine dans la nécropole de Kemalok. Pourquoi être autant pour une tâche aussi simple me direz-vous ? Et bien disons que vos talents personnels seront indispensables à l'acquisition de la dent. Tout d'abord seul un nain descendant de la lignée royale de Kemalok peut transporter la dent. Ensuite, seul un prêtre sorcier du Seigneur des Ossements pourra commander aux morts-vivants gardant le temple de vous laisser passer. Et j'ai l'impression que sans l'aide des psionistes et du druide, vous n'arriverez jamais au temple. Les globes verts régissent aux pouvoirs mentaux et permettent d'abaisser certains barrières.
J'espère que vous me rapporterez la Dent de Clanggedin sans tarder car une forte récompense vous attend dans ma tour. Elle se trouve dans les ruines de Kemalok (Il semblerait que quelque chose m'empêche de vous téléporter plus près, il faudra chercher !)
NB : J'oubliais un détail … seul la dent peut arrêter la malédiction qui vous afflige…"
Signé : Markalor. J'avais lu la lettre avec des yeux de merlan frit.
-" Merde encore lui ? ? Il me suit à la trace ou quoi ? !
- Mais de quoi tu parles, tu le connais ? s'étonna le druide.
- Oui, nous avons déjà eu affaire à lui de par le passé, au tout début de notre vie d'aventurier. Tu te souviens, Zouran ? C'était quoi déjà ce que je devais porter ?
- Oui, Kiry je m'en souviens, c'était le Poing de Talos, un énorme saphir. Et avant ce fut le Cœur de Milil, mais tu n'étais pas encore là toi. C'est le troisième bijou du genre qu'il tente de récupérer. Je me demande ce qu'il compte en faire…"
Laissant là le parchemin pour le moment, je me tournai vers la petite troupe rassemblée autour de moi.
-" Hé bien messieurs, si nous faisions connaissance avant de décider quoi que ce soit ?"
***
Et c'est ainsi que nous nous rencontrâmes, dans cette froide et immense forêt. Au terme de la discussion, il fut décidé de nous unir afin de venir en aide à Conrad, le druide, et à Xan, le psioniste, mais sans l'aide de Kiry, trop attristé par la perte de Keldor, qui décida de trouver un prêtre ou un mage pour permettre à l'invocateur de revenir à la vie. Nous nous retrouvions à quatre : Conrad, un homme d'âge mur, au teint clair et à la chevelure blonde, assez grand, bien bâti mais à la force tout de même limitée. Vêtu d'une grande toge verte, il se dégageait de lui un charisme certain, même si son intelligence semblait avoir souffert de sa vie d'ermite. Xan, quant à lui, me faisait penser à un roseau, grand mais frêle. Je n'ai jamais su grand chose sur lui. Tanator, lui, était probablement le personnage le plus intriguant, bien que fort repoussant physiquement et apparemment assez faible, il m'avait tout l'air d'être un mage puissant cachant son jeu. Son intelligence révèle une connaissance très approfondie de la magie en général, et de l'art du Feu en particulier. Il garde cependant les traces de son passé d'aventurier, avec, entre autres, une vilaine balafre sur la joue gauche. Quant à moi, je suis un gnome, chose qui pourrait être somme toute banale si je n'exerçais pas mes talents dans un art aussi étrange et marginal que l'Entropie… Du haut de mon mètre tout rond et de mes 90 ans, je suis celui qui a le centimètre cube de chair le plus âgé de ce groupe. Malgré le fait que l'elfe soit plus âgé, son espérance de vie lui donne un air jeune et dénué de ride, alors que moi, je commence à ressentir le poids des ans, et de ma magie, sur mes épaules.
Chapitre 2
Le début des ennuis
Forêt de Mirabar
Nous repartîmes bon pied bon œil, mais en laissant mon vieux compagnon, Kiry, derrière nous. Le quitter m'avait été dur, car cela faisait près de deux ans que nous voyagions et guindaillions ensemble. Une fois le soir venu, nous dégottâmes une grotte afin de passer la nuit au sec et en sûreté. Cette grotte était tout ce qu'il y a de plus quelconque aussi ne nous y sommes nous pas trop intéressés. Rapidement, nous nous installâmes et nous sombrâmes dans le sommeil. Mais d'un coup, la voix de Conrad s'éleva dans les airs :
-" Hey les gars, vous sentez ça ? On dirait qu'il y a un léger courant d'air…"
Aussitôt, nous remballâmes nos affaires car cette découverte nous avait remit en condition pour l'exploration qui s'offrait à nous. Dans le mur du fond, nous découvrîmes une partie illusoire qui cachait un couloir tout de marbre dallé alors que les murs étaient garnis de torches récemment allumées. Ce couloir nous mena à une petit place où trônait une fontaine, fontaine au milieu de laquelle s'élevait la statuette d'une femme versant de l'eau depuis une cruche posée sur son épaule. Du fond de cette place partaient neuf couloirs, l'un à coté de l'autre.
-" Le couloir de droite me semble être celui qui marquera le début de l'exploration de cet étrange lieu, si vous voulez mon avis, leur dis-je.
- Ca me va, et toi Tanator, t'en dis quoi ? Demanda le druide.
- Bein y'a un début à tout, allons-y."
Et nous y allâmes, Conrad devant, cimeterre au clair, suivis de Xan, de Tanator et enfin de moi-même. Le couloir décrivait une sorte de courbe et après une cinquantaine de mètre à marcher ainsi, Conrad annonça qu'on approchait d'une porte. Il l'examina vite fait et décida de l'ouvrir. Il n'y eut aucune explosion, aucun dard empoisonné ni quoi que ce soit, ce qui était bon signe. Il avança et nous arrivâmes tous dans une pièce au même dallage que le couloir. Le sol était recouvert de marbre brun alors que les murs et plafonds étaient d'un blanc immaculé. Des torches, espacées d'un mètre environ, éclairaient le tout. La pièce, une sorte d'entrepôt, était remplie de tonneaux en son milieu.
- "Quelqu'un connaît les symboles qui sont sur ces tonneaux ? leur demandai-je.
- Bein, y'en a un qui à l'air d'être celui de Chauntéa, précisa Conrad.
- Oui, et l'autre est celui d'Ilmater, ajouta Xan.
- Merde alors, tu parles, toi ? Mais allez, prends pas cet air vexé dis, c'est tellement rare d'entendre le son de ta belle voix, m'empressai-je de rajouter, voyant que Xan semblait ne pas trouver ma remarque drôle…
- Moi, je m'demande ce qu'ils contiennent, demanda Conrad, l'esprit toujours pratique.
- Bein ouvre, tu verras bien", lui répondis-je.
Et il s'exécuta. Dans un sourire victorieux, il sortit de son tonneau une louche dégoulinante d'un liquide rougeâtre et en huma le contenu. D'un air réjoui, il la porta à ses lèvres.
- Hey attends, t'es sûr que c'est pas dangereux ? ? Lui hurlais-je en l'attrapant par la jambe.
- Mais oui, t'inquiète pas, le p'tit. Et là dessus, il but toute une louchée.
Après 2-3 secondes, Conrad devin livide et lâcha sa louche. Il porta ses mains à la gorge et commença à geindre. Il devenait de plus en plus bleu puis s'écroula. Petit à petit, une gangue de glace le recouvrit. Je décidai alors d'user de mes talents curatifs pour tenter de remettre Conrad debout, mais cela ne semblait pas faire grand chose. J'entrepris alors d'inspecter plus méticuleusement les tonneaux, et surtout les étiquettes. Il s'avéra qu'elles étaient toutes fausses, sous celles de Chauntéa se trouvaient en fait le symbole d'Auril la froide alors que sous ceux d'Ilmater, je découvrit avec horreur le symbole de Loviatar… Que signifiait cette mascarade ?
Durant mon investigation, Tanator décida d'abolir cette glace, engeance de l'eau, chose qu'apparemment il ne supporte guère. A coup de flamme, il dégagea le corps de Conrad de l'emprise de la glace. Conrad semblait encore en vie, aussi Tanator ôta l'anneau de son majeur gauche et le mit à un des doigts de Conrad, tout en lui murmurant quelque chose à l'oreille. L'instant d'après, il bondit en arrière, alors que le corps de Conrad s'entoura d'un coup de flammes et s'agrandit considérablement. A la place de Conrad se trouvait maintenant un élémental de feu qui, lui, semblait en pleine forme. Et puis aussi soudainement qu'il était apparu, l'élémental disparut, pour laisser place à un druide, au teint bleuâtre et aux traits fatigués. Tanator lui reprit aussi vite l'anneau et l'enfila à son doigt, Conrad étant apparemment hors de danger, grâce à son ingéniosité.
Je fis part aux autres de mes découvertes, et c'est d'un commun accord que nous quittâmes cet entrepôt afin de continuer notre visite. Le second couloir semblait mener à une sorte de cuisine, mais pas le genre de cuisine d'un luxueux palais. La pièce n'était pas en désordre mais l'odeur était terriblement incommodante. Comme il n'y avait pas grand chose d'intéressant, nous fîmes marche arrière, direction le couloir suivant. Il était comme les autres, mais après avoir avancé d'une vingtaine de pas, Xan s'arrêta en nous mimant de faire pareil, un doigt sur la bouche. Il semblait écouter, et après quelques secondes d'attention, j'entendis une sorte de clameur, un peu comme une litanie qui revient sans cesse. Sans doute des prêtres en pleine communion avec leur dieu. Conrad tira doucement son cimeterre de son fourreau, alors que je prenais Fil de Lune en main. Et après trente secondes de marche dans ce couloir courbe, une porte vint à nouveau nous barrer la route. Conrad l'ouvrit prudemment, mais elle devait être vétuste, car elle grinça sur la fin de son parcours.
Nous nous trouvions devant une petite chapelle où des prêtres priaient. Nous ayant repérés, ils se sont aussitôt jetés sur nous, avec la visible intention de malmener ceux qui les avaient perturbés durant la cérémonie pour leur dieu. Où plutôt devrais-je dire déesse car lorsqu'ils se sont approchés, nous avons pu distinguer le symbole d'Auril sur leurs tuniques. Le combat s'annonçait difficile, car ils étaient plus nombreux que nous.
- Zouran, fait pas le con, s'il te plaît, me murmura Tanator, qui avait déjà eu l'occasion de me voir à l'œuvre.
- Je ne te promets rien, mais je ne tenterai pas le diable non plus, d'accord.
Là dessus, on se mit à incanter, alors que Xan semblait ne pas bouger, et que Conrad invoquait rapidement une petite protection. Le pouvoir de Sylvanus l'enroba d'une couche de bois, et c'est tout guilleret qu'il attendit les prêtres blancs. Lorsque les deux premiers arrivèrent à son contact, il fit jouer de son cimeterre, et ils furent surpris de son agilité. Le premier s'en tira avec une légère ouverture sur le flanc, mais le second n'eut pas cette chance. Il se fit violemment entailler le bras droit, et quand il tenta de lever sa masse pour se venger, je lui envoyai mon sortilège dans les dents. Il n'eut pas la chance d'apercevoir le magnifique ballet aérien que composaient cinq grosses boules rougeâtres en se précipitant vers lui. Lorsqu'elles le touchèrent, il s'effondra par terre, dans un râle de douleur et une odeur de viande trop cuite. Les prêtres du fond ne semblaient pas avoir envie de venir, et je me rendis vite compte que si l'on ne s'occupait pas d'eux, ils seraient certainement très gênants pour la suite de l'affrontement. Je laissai donc Tanator leur envoyer sa boule de feu et je me rendis invisible juste après, alors que Conrad se faisait acculer dans le couloir par deux prêtres, suivis de deux autres. L'un d'entre eux s'écroula, face contre terre, en portant les mains à son crâne, un liquide rouge s'écoulant de ses oreilles et de ses narines, je reconnut là la signature de Xan. Et je me faufilai entre tout ce beau monde pour avancer précautionneusement jusqu'à l'autel.
Conrad bloquait le passage efficacement pendant que Xan réduisait les cervelles en bouillie, mais il restait tout de mêmes cinq prêtres en train d'incanter dans le fond, et trois devant Conrad. Et ses coups commençaient à être moins efficaces, rebondissant sur des protections dressées par les prêtres restés derrière. Je réussis à me glisser sans bruit jusqu'à l'autel, dans le dos des prêtres, commençai à invoquer un puissant sortilège et peu après, une boule multicolore apparut derrière les prêtres, toujours en silence. Alors qu'une colonne de feu surgissait de sous Conrad, j'envoyai mon vortex vers les représentants d'Auril et, fort heureusement, je réussis à contrôler mon sort. Ils furent frappés de stupeur en sentant cette énergie magique brute leur passer à travers, leur brûlant vêtements et chairs. Deux furent touchés, stoppant net leur incantation. Tanator profita de leur inattention pour dissiper les sorts maintenus sur un des prêtres, ce qui permit à Conrad de l'achever, mais il ramassait toujours des coups de masses, et faiblissait à vu d'œil. Il tenta bien de se métamorphoser, mais sa tentative tourna court, quelque chose le bloquant apparemment. Alors, faisant fi des assauts des masses, il dressa un mur de feu devant lui, se brûlant légèrement, mais ce n'était rien à coté des souffrances que connurent les deux malheureux pris dans la fournaise. Ils en ressortirent le visage cramoisi et le corps fumant, et ne tardèrent pas à s'écrouler. Xan aida Conrad à rester debout tandis que Tanator lui fit avaler le contenu d'une fiole. Quant à moi, je me retrouvai face à face avec 5 prêtres aux regards de glace. Alors que trois d'entres eux venaient vers moi, je pensai enfin à me protéger. Heureusement, car les masses des prêtres ne tardèrent pas à pleuvoir sur moi.
Une fois ragaillardit, Conrad annula son mur de feu, permettant ainsi à mes compagnons de me venir en aide. Deux flèches de feu vinrent s'empaler dans le dos des prêtres que j'avais déjà blessé tantôt et mon vortex, toujours sur eux, les acheva. Un des prêtres qui était sur moi se retourna afin de faire face à la nouvelle menace, et créa une sorte de masse magique, qui s'envola et alla frapper l'elfe, lui faisant par la même occasion rater son sort. Quant à moi, je parais les coups de masse à l'aide de Fil de Lune, tout en tentant de blesser mes adversaires, mais sans grand succès pour le moment, étant donné qu'ils portaient une cotte de mailles sous leurs robes de cérémonie.
Et alors que je venais de me prendre un coup sur le crâne, Xan intervint, échauffant la masse d'un de nos adversaires, le forçant à se désarmer. Cela me permit de rapidement incanter un rayon paralysant, qui fit mouche, réduisant le nombre de combattants adverses à deux, dont un désarmé. Conrad bondit tel un tigre sur un des prêtres tandis que celui face à moi actionnait d'un mot de commande son arme, tendue vers moi. L'air devint soudainement frigorifiant, et le froid attaqua mes poumons. Je suffoquai et tombai à genoux, en quête d'air. Il me termina d'un coup de masse bien placé, m'assommant pour le reste du combat. Je me réveillai assis contre un mur, le visage de Conrad près du mien, il devait être en train de prier, car il avait les yeux fermés et semblait nimbé d'une aura divine. Lorsqu'il vit que j'étais à nouveau conscient, il me raconta la fin du combat.
Me voyant à terre, Tanator créa un cercle de feu, sorte de cylindre de flammes, partant de ses mains et alla frapper mon bourreau dans le dos, le faisant voler sur deux mètres. Il ne se releva pas. Quand au dernier, il ne parvenait à défendre et son esprit et son corps en même temps, étant agressé par Conrad et Xan. Il se fit rapidement mettre en pièce par le cimeterre de Conrad. Alors, Xan s'approcha, tira une dague de sa manche, et vint trancher la gorge du dernier prêtre, paralysé depuis peu.
Pendant ce temps, Xan et Tanator, visiblement éprouvés par ce petit accrochage, étaient en train d'inspecter la pièce. Aussi, lorsque Xan proposa de trouver un endroit pour faire le point, nous accueillîmes son idée avec enthousiasme. Mais lorsque nous arrivâmes en vue de la pièce à la fontaine, notre moral, déjà fort abîmé par nos blessures, retomba au plus bas. Dans la pièce principale nous attendaient déjà d'autres membres du culte, ainsi que certains représentants du culte de Loviatar. Nous étions hors d'état de combattre, mais nous n'allions pas mourir sans le faire, même sans aucune chance de nous en sortir. Sur la quinzaine d'ennemis, nous en emporterions au moins quatre avec nous. Au moins. J'allais entamer l'incantation d'un sort, mais la voix d'un des prêtres s'éleva.
- Je vois que vous avez fait connaissance avec notre chapelle, j'espère qu'elle vous plait ? dit il d'une petite voix moqueuse. Mais trêve de plaisanterie. Rendez vous, et vous repartirez d'ici vivants.
Tanator devint rouge de colère, alors que Xan semblait réfléchir à toute vitesse. Quant à Conrad, ses yeux allaient sans cesse de visages en visages, le sien ayant l'air quelque peu consterné. Finalement, d'un commun accord, nous baissâmes nos armes et leurs tendirent. Quatre hommes s'avancèrent vers nous pour les récupérer. Je tendis mon bâton mais gardai Fil de Lune à la ceinture, lui signifiant d'un regard qu'il ne devait même pas penser pouvoir toucher ma lame.
- Alors quoi, vous changez d'avis? Vous avez tellement envie que ça de rencontrer la mort? Sachez que votre vie me laisse de glace et je n'hésiterai pas à vous mettre à mort. Alors maintenant décidez-vous, ou, par Auril, je vous envois geler sous terre.
- C'est à dire que Séluné n'apprécie pas trop qu'on tripote ses jouets, et je pense que votre prêtre n'a pas le profil qui convient pour toucher cette arme. Crachai-je en désignant le type devant moi d'un regard mauvais.
- D'accord, mais ne vous avisez pas de jouer au malin avec la Fille du Gel.
- Certes non, je n'y compte pas.
- Très bien, alors suivez-nous. Et d'un pas impérial il s'engagea dans le septième couloir en partant de la droite. Cinq gardes le suivirent, les autres nous invitèrent à passer ensuite, les huit derniers fermant la marche.
Comme toujours, le couloir se termina par une porte, que notre hôte ouvrit, dévoilant ainsi une énorme salle, meublée avec goût, mais toujours dans une ambiance plutôt froide. Des rangées de livres ornaient de hautes étagères, une grande table massive trônait au milieu de la pièce, avec deux douzaines de chaises rembourrées l'entourant. Dans le fond, une porte à double battant s'entrouvrit, et un homme en tunique sombre s'approcha de la table. Il portait sur son flanc droit un marteau de guerre terni par l'usure, et sur son flanc gauche un énorme fouet, sûrement un haut prêtre du culte de Loviatar. Il restait debout à côté du siège situé en bout de table et le prêtre d'Auril, qui semblait jusqu'ici être le supérieur de cette assemblée, alla jusqu'à lui et lui parla à voix basse. Le prêtre de Loviatar fit un hochement de tête et puis pris la parole.
- Vous tombez bien messieurs, vous allez aider les cultes de Loviatar et d'Auril à achever une quête trop longuement vouée à l'échec. Sur ces mots, il s'assit alors que le prêtre d'Auril revenait vers nous et s'installait sur le siège tout au bout de la table, face à Kel'Syrtas. Les autres prêtres nous invitèrent à prendre place à ses côtés et ensuite vinrent se répartir sur les sièges restants. Mais huit places restaient vacantes et je ne pouvais m'empêcher de revoir les visages de ceux que nous avions occis quelques minutes auparavant.
- Je suis le Grand Supplicieur Kel'Syrtas, haut membre du clergé de Loviatar.
- Et je me nomme Alarkan Froid-Regard, Grand Prêtre d'Auril, dit ensuite l'homme à nos cotés.
- Enchanté, moi c'est Zouran, je suis content que vous ne nous en vouliez pas trop d'avoir tué vos amis. C'est vrai quoi, d'habitude, on se fait directement massacrer, là, je suis heureux d'être tombé sur des gens compréh…aie… quoi Tanator pourquoi tu me donnes un.. aïe, ok oui je me tais, ça va ça va. Il avait l'air de vouloir me fusiller du regard, aussi décidai-je de remettre mes remerciements à plus tard.
- Veuillez excuser notre ami le gnome, il ne sait pas tenir sa langue. Mais reprenez, nous vous écoutons, messeigneurs. S'excusa Tanator.
Kel'Syrtas semblait ne pas trop avoir digéré ma remarque, vu les regards noir qu'il me lança, un peu comme les autres membres de notre compagnie d'ailleurs.
- Bien. Messieurs, afin de racheter votre faute, nous allons vous demander un petit service. Vous qui semblez affronter le danger tout les jours de votre misérable vie, vous me semblez parfaits pour aller rechercher un anneau. En échange de votre liberté, s'entend.
- Cela me paraît un prix fort peu élevé pour une chose aussi inestimable que notre vie, dit Conrad. Quel est le diable ou démon qui garde cet anneau ? Car je ne vois pas quoi d'autre pourraient vous empêcher de le récupérer.
- Il ne s'agit nullement d'une créature de ce style, mais vous avez vu juste, cet anneau est gardé par un monstre quelque peu dangereux.
- Bien, et il est loin d'ici, questionna Tanator.
- Oh non, il est ici même, dans ce temple, intervint Alarkan.
- Dans la chapelle qu'on à dérat.. euh.. visitée là tantôt ? demandai-je.
- Certes non, il n'est pas dans la chapelle d'Auril, mais bien dans une des parties du temple de Loviatar, temple dans lequel vous vous trouvez en ce moment même. N'avez vous pas remarqué la forme pour le moins étrange des couloirs ? Neuf courbes partant d'un même point…
- Comment ai-je fais pour ne pas comprendre plus vite, s'écria Xan. Je suis troublé.
- Et bien une des pièces sert de cellule à un gardien, et une fois que vous l'aurez terrassé, vous nous rapporterez l'anneau qui compose son trésor. Des objections à cela ? J'espère pour vos vies que non.
- Effectivement, vous ne nous laissez pas trop le choix, glissa prudemment Conrad.
- C'est entendu, nous allons maintenant vous guider vers des chambres afin que vous soyez pleinement opérationnels pour votre mission. Aklart, guide-les aux cellules.
- Mais ne tentez pas de nous fausser compagnie, nous pourrions ne pas apprécier cela. Et sachez que malgré les apparences, la mort de nos collègues ne nous laisse pas de glace, souffla Alarkan, haineux.
***
C'est ainsi que se termina notre deuxième journée ensemble. Notre association semblait des plus chanceuse… Mais la nuit se passa sans incident, et les cellules des prêtres étaient somme toute suffisantes. Peut-être ne valaient-elles pas un bon lit douillet dans une auberge du genre de la Choppe Solitaire, mais c'était toujours mieux que de dormir par terre dans la grotte.
Chapitre 3
La découverte de l'Anneau
Temple de Loviatar, forêt de Mirabar
Le sommeil fut réparateur mais j'appréhendais grandement cette journée, craignant pour la vie de mes compagnons et pour la mienne. Car les cultes d'Auril et de Loviatar n'étaient pas connus pour leur gentillesse, alors que penser des deux réunis. D'ailleurs, que pouvait bien être ce mystérieux anneau. Nous devions aller prendre un anneau qui était caché dans l'antre d'un monstre et, bien entendu, ils ne savaient rien sur le monstre en question, en voilà une mission pour la moins étrange. Alors une fois le déjeuné ingurgité, Tanator et moi nous concertons afin de prendre des sorts se combinant au mieux. Il en profita d'ailleurs pour me faire une remarque désobligeante sur mon art, comme à l'accoutumée. Conrad soumit l'idée de s'évader dès que la porte s'ouvrirait, en profitant de la stupeur de nos geôliers, mais nous ne fûmes pas d'accord avec lui, nous voulions connaître le fin mot de cette histoire. Et après une petite heure passée à se remémoriser les syllabes et gestuelles des incantations de nos sorts, nous appelâmes les gardes. Ils ne vinrent pas ouvrir directement, et cinq minutes d'attente plus tard, la porte s'ouvrit en grand sur un Kel'Syrtas au regard triomphant.
- Tâchez de vous acquitter au mieux de votre tâche, ou je me ferai une joie de vous faire découvrir de nouveaux tourments.
Sur ces bons mots, il s'en alla et les gardes nous firent signe de le suivre. Il nous guida jusqu'à une sorte de grille, derrière laquelle semblait se trouver un mur de glace, à en juger par la température ambiante et la couleur bleutée de la surface. Là, il ouvrit la grille, et se plaça le long du mur.
- Voilà, passé ce mur, vous retrouverez vos armes, et tâchez de nous revenir entier. Au moins l'un d'entre vous.
- Compte là dessus… Dis-je en passant devant lui.
Il referma la grille lorsque nous fûmes tous passés, et se tourna. Là, je me concentrai alors pour entendre s'il ne prononçait pas quelque chose, et mon flair eut raison, une fois de plus. Un imperceptible 'Olkérik' s'était échappé d'entre ses lèvres lorsque Conrad eut la bonne idée de m'appeler. Je n'entendis pas la suite du mot de commande, et lorsque le mur de glace disparut, je me tournai vers le druide, lui lançant un regard noir :
- Quoi ? ?
- Oh rien ça va, t'es dans un sale jour ?
- La nature ne t'a donc jamais appris quand il faut se taire ? lui lâchais-je, énervé.
- Mais quoi enfin ?
- Rien, je t'expliquerai plus tard.
Nous avançâmes de cinq mètres quand Tanator nous désigna un coin sombre.
- Là, vos armes, les gars. Allons, ne traînons pas, je suis pressé de partir de ce maudit temple. Y'a même des torches, bougez pas, je les allume. Il se concentra alors un instant et les torches s'allumèrent spontanément.
- Venez plutôt voir par ici, murmura Conrad, qui se trouvait quelques mètres plus loin. Il y a un escalier de trois marches, qui donnes sur une sorte de hall, avec une énorme colonne en plein milieu. Et on voit même pas le fond, ça a l'air grand. Mais y'a une de ces odeurs…Tan ', ça te dit rien ?
- Ca me rappelle une odeur de pourriture, mais beaucoup plus forte. Mais il y a également une sorte d'odeur aigre, un peu acide, étrange. Et vous avez remarqué le plafond comme il est haut ? Ca ne me dit rien qui vaille. T'en penses quoi, Zouran ?
- Moi je dis qu'il serait temps de se préparer. On a du temps, autant en profiter. Conrad, je suggère que tu te places au pied de l'escalier. Nous, on sera sur le palier, deux mètres plus haut, afin de ne pas trop être au contact. Enfin, espérons.
Là dessus, nous commençâmes à nous préparer, Xan sur le palier à droite, Conrad au pied de l'escalier, Tanator et moi même à gauche.
Une petite minutes plus tard, nous étions fin prêt à encaisser l'attaque d'un monstre. Mais il n'y avait toujours aucun signe de vie. Je lançai alors des cailloux en direction du fond de la pièce, histoire de sonder la profondeur de l'ombre. Si je perçus le bruit du premier des cailloux sur le sol, l'écho du second n'arriva jamais. Car un grognement s'éleva dans l'air, le genre de grognement que pousse un monstre hideux, où très volumineux. Le sol sembla trembler légèrement, et de l'ombre émergea un corps de près de cinq mètres de haut, large d'au moins autant, à la peau verdâtre, sur lequel était greffé quatre cous immenses que terminaient des têtes reptiliennes.
- Merde alors, une hydre, ils ont rien de mieux en stock ? hurlai-je par dessus le rugissement du montre.
- Fait pas le malin, et bat toi, me dit Tanator.
Et aussitôt, nous nous concentrâmes afin de terrasser au plus vite ce monstre. Il arriva sur nous d'un pas lourd mais rapide, et ses têtes vinrent nous heurter, tentant de nous mordre avec son impressionnante bouche. Conrad contra l'attaque alors que du côté des mages, il y eut six fois plus de monde d'un coup, et l'hydre s'attaqua à nos images illusoires. Mais Xan n'eut pas de chance, la gueule du monstre s'ouvrit au dessus de lui et il se retrouva entre la langue et le palais d'une des têtes du monstre. Il se débattit mais sans grand succès, et il disparut dans la gorge de la bête. Alors, nous décidâmes d'en finir au plus vite. Je lançai plusieurs missiles de force sur les têtes de l'hydre alors que des doigts de la main droite de Tanator s'échappaient cinq projectiles enflammés. Lorsque mes missiles éclatèrent à son contact, deux des têtes s'affaissèrent, une restant sur Tanator, et l'autre mâchouillant un bout de Xan, resté de travers tout en fixant Conrad. Le druide s'abaissa, afin d'offrir moins de surface à attaquer, et lorsque la tête plongea vers lui, il bondit tel un tigre sur le cou et le trancha d'un coup net. La dernière tête ouvrit grand la gueule et la referma sur une des images de l'elfe alors que je me concentrais pour envoyer une seconde fournée de missiles de forces. Mais j'eus un petit problème, dans la mesure où l'énergie de mon sort m'échappa, et je me retrouvai avec des papillons voletant autour de moi. Alors Conrad intervint une fois de plus, en allant dans son dos et en la titillant du bout de sa lame. Le monstre se retourna, et à ce moment, Tanator mis ses mains en éventail devant lui et des flammes en jaillirent, venant lécher la peau du montre, le faisant hurler sous la chaleur intense. Pendant ce temps, Conrad lui tailladait le torse.
Après avoir chassé les papillons voletant autour de moi, je put relancer un autre sort, et la bête diminua rapidement de taille, tout en changeant de forme. Ses écailles viraient à l'argenté, alors que son cou diminuait rapidement, jusqu'à ce que sa tête ne fasse plus qu'un avec son corps. La gueule avait disparut, les pattes s'amincissaient pour ne former plus qu'une fine nageoire, et après trente secondes de déformations, une petite truite se tortillait sur le sol, à la recherche d'eau à brasser avec ses branchies pour en extraire de l'oxygène. Conrad la regarda avec tristesse, puis se rapprocha de la dernière tête qu'il eut tranché. A la base du cou, dans une sorte de liquide verdâtre, on pouvait distinguer le corps de Xan que l'acide avait déjà commencer à ronger. Il s'inclina et murmura une prière à son dieu.
- Bein voilà, la bête est morte, mais pas toute seule, elle à emmené le muet avec elle. C'est dommage, on ne connaît même pas ses dernières volontés, mais je suis certain qu'il ne voulait pas reposer pour le reste des temps dans le cou d'une hydre verte. Alors si quelqu'un pouvait m'aider à extraire son corps de là, ça serait bien gentil, je craint de ne pas pouvoir y arriver tout seul.
- Zouran, t'as pas appris le respect ?
- Si, c'est d'ailleurs ce que prêche Séluné, entre autre, le respect des autres et la tolérance.
- Et bien, au nom de Séluné, excuse toi auprès de son corps. Tes intentions son noble mais ta langue est on ne peut plus bavarde.
- Quoi, qu'est-ce que j'ai dit de mal encore ? Pfff ces prêtres, tous des bizarres. Bon d'accord Conrad, je viens m'excuser.
- Pendant ce temps, je vais chercher après l'anneau, conclut Tanator.
Et nous déplaçâmes le corps de Xan, inerte alors que pendant ce temps, notre ami l'elfe alla farfouiller dans ce qui me semblait être l'antre du monstre. Et alors que je venait de terminer mon recueillement auprès de Xan, il revint vers nous.
- C'est désespérant, y'a rien, à croire qu'ils nous ont envoyés ici pour nous faire tuer.
- Mais non, c'est que t'as mal cherché je suppose. Ils avaient l'air trop content de trouver des pigeons à envoyer au casse-pipe à leur place. Et sur ce, je me remis debout.
- Bein pendant que je fais mes adieu au preneur de tête, essaye de faire mieux que moi.
Et il s'agenouilla à coté de Xan alors que je me mit à fureter de gauche à droite dans cette grande salle. Elle était jonchée de morceaux de rochers, sans doute tombés du plafond au fil du temps. En plein milieu se tenait une large colonne toute blanche, d'anciens bas-reliefs usés la décorant. Autour, tout n'était que poussière, gravats et os. L'hydre semblait ne pas mourir de faim, puisqu'il y avait les restes de ses dîners un peu partout. Cela ne pouvait signifier que deux chose. Soit quelqu'un venait souvent la nourrir, soit il y avait une autre entrée. J'informai les autres de mes conclusions et bientôt six mains fouillèrent les murs.
***
- Les gars, faut se rendre à l'évidence, y'a rien sur les murs. Ca fait quoi, une heure qu'on tourne en rond à fouiller pour rien.
- Allons Conrad, ne baisses pas les bras voyons. Soit il y a une autre issue et on peut s'enfuir par là, soit on trouve ce satané anneau et on leur file, c'est pas compliqué non ?
- Zouran, si seulement tu pouvais parler moins vite, je suis déjà sur les nerfs, alors du calme s'il te plait.
- D'accord Tan', mais je ne peux pas imaginer qu'il n'y ai rien ici.
- Quelqu'un a fouillé la colonne ?
- Euh non, et toi Tanator ?
- Si je poses la question, c'est que je ne l'ai pas fait…
- Ah, bien allons voir alors.
Après quelques minutes de dépoussiérages des gravures, on put observer différentes scènes, elles semblaient toutes avoir en comment une chose : le froid. En effet, tout les personnages étaient chaudement vêtu et il y avait de la neige qui tombe, ou bien de la buée sortant de leurs bouches. Bref, l'espoir renaissait en nous.
- Tiens, on dirait une sorte d'inscription ici. Venez un peu voir.
- T'as raison Coco, c'est bien un ancien langage, c'est du Thorass. L'ancienne forme de notre commun actuel, et comme il est abîmé, on va rire pour le traduire. Mais heureusement, le texte n'est pas long, ca devrait pas prendre trop de temps.
- Et bien, bon amusement Zouran.
***
- Voilà je pense avoir fait du mieux que j'ai pu. Il y a des parties illisibles, mais le tout semble former quelque chose d'assez cohérent.
- J'ai appris à me méfier de ta logique sais-tu.
- Ah ? pourquoi tu dis ca Tan' ?
- Oh pour rien, allez, livre nous ta traduction, j'en ai assez d'attendre.
Je m'éclairci la voix et commençai la lecture de mes notes.
- " En mon sein repose l'anneau froid ", ou gelé, je suis pas sur. " L'emporter amènera le froid de la mort sur vos talons,… illisible sur une ligne. N'y touchez pas, vous le payerez de votre vie et … à nouveau illisible. " Voilà l'essentiel, le reste est effacé.
- C'est un peu mince. Mais on sait où il se trouve maintenant… Quelqu'un a repéré de quoi faire un bélier ?
- Héhéhé, pas besoin de bélier, j'ai de quoi péter les gros objets.
- Zouraaaan, pas d'entropie inutilement je t'ai déjà dis ! !
- Mais c'est un simple sort développé par le grand Tenser, c'est pas de l'entropie voyons !
- Ah, j'ai cru. Pardonne moi alors.
- Tout ce qui est destructeur n'est pas forcément entropique sais tu… Bon, allez vous mettre à l'abri.
Sur mes conseils, mes deux compères allèrent se planquer en haut de l'escalier, près du mur de glace alors que moi j'allai me mettre dans un coin de la pièce. Et je commençai mon incantation. Au terme de celle ci, un fin rayon bleuté sortit de mon index tendu, désignant la colonne, et vint la frapper. Elle se nimbât d'une aura bleuté, et l'énergie commença à la faire trembler, tendis que le rayon entre moi et la colonne était toujours là. Quelques secondes plus tard, elle explosa, faisant voler des morceaux de pierre aux quatre coins de la pièce. Le plafond tint bon, mais semblait être légèrement incurvé là où se tenait une minute plus tôt son support.
- Joli Zouran, t'en à toujours un en stock ?
- Oui, on ne sait jamais quel objet nous tombera dessus au cours de la journée hihi.
- En tout cas, il tombait bien, dis Conrad. Bon, je vais fouiller les décombres.
- Héhé, c'est moi qui trouverai l'anneau.
- Tu peux rêver nabot, dit le druide en se précipitant dans les décombres.
Après une bonne demi-heure de fouille dans l'énorme tas de gravats, Conrad poussa un cri de victoire en levant au dessus de sa tête un petit coffret de cinq ou six centimètres de côté, haut de trois, d'une couleur bleuté. Il l'ouvrit et en sortit un anneau. Il était d'un métal gris tirant sur le bleu, très froid au touché et semblait effroyablement puissant de par l'aura qui s'en dégageait. Ne cherchant pas à faire attendre nos " patrons " plus longtemps, nous nous sommes empressés de récupérer un maximum des affaires de Xan et sommes repartit vers l'entrée. Par delà le mur de glace, nous vîmes Alarkan et Kel'Syrtas nous regarder avec un petit sourire de contentement. Ils ôtèrent le mur de glace à notre approche.
- Très bien messieurs, vous avez fait ça mieux qu'on ne l'aurait cru, vous méritez bien votre récompense. Mais tout d'abord, l'anneau je vous prie.
Et Conrad tendis le petit coffret dans lequel se trouvait l'Anneau.
- Merci bande d'ignares, maintenant, vous allez pourrir dans cette geôle.
- Quels abrutis quand même, dit Alarkan à son comparse en faisant demi tour.
- Hey revenez, on à fait notre part du contrat !
- Quel contrat ? Tu as signé quelque chose le druide ? Et sur ces mots, il réactiva le mur de glace. Tanator se retrouva coincé entre le mur de glace et la grille, alors que Conrad et moi nous retrouvions projeté en arrière de par l'arrivée du mur.
- Ah non, je ne me laisserai pas faire comme cela… Reculez vous les gars…
- Quoi Tanator, je t'entends pas… La couche de glace est trop épaisse. Articule s'il te plait. T'as compris quelque chose Conrad ?
- Euh non. Ah, il fait des signes, j'ai l'impression qu'il veut qu'on recule, vient, il veut peut-être se téléporter, qui sait.
- Il n'a pas encore ce sort à ma connaissance, bien qu'il le recherche activement, lui répondis-je en souriant.
Sur ce, nous reculâmes, et l'instant d'après, l'élémentaliste se mit à incanter ce qui me sembla être un mur de feu.
- Pas con, il va faire fondre la glace.
- Hey oui, il ne supporte vraiment pas l'eau on dirait, dit Conrad d'un air amusé. Tu crois qu'il se lave parfois ?
- Oui tout de même, c'est pas qu'il ne supporte pas l'eau, mais il l'évite comme la peste, c'est différent, et il préfère les bains de vapeurs.
- Ah oui, d'accord.
Et alors que nous parlions, un mur de feu s'était effectivement crée là où nous nous tenions peu avant. Petit à petit, le mur fondait. Après deux minutes, Conrad se tourna vers moi :
- Ca dure longtemps votre version du mur de feu ?
- Bein tant que le mage se concentre, sinon une dizaines de minutes, selon la puissance du mage. Mais pourquoi " notre version du mur de feu " ?
- Bein juste pour avoir un peu plus de connaissances sur votre art…
- Ah mince alors, les druides jouent avec le feu maintenant ? Vous n'avez pas peur pour les arbres ?
- Non, ils utilisent leurs sorts intelligemment eux…
- C'est quoi ce sous entendu ? Tu veux voir si je n'utilise pas ma magie intelligemment ? Sais tu au moins le cerveau qu'il faut posséder et les facultés mentales requises pour ne fut-ce que espérer comprendre l'entropie ? ? Allez, je te fais une démonstration.
Là, je m'éloignai, en direction de l'escalier, afin d'être certain de ne pas blesser l'insolent. Et je sortis mes mains de mes poches. Je patientai un petit temps, une trentaine de secondes au maximum, ce qui fit naître chez le druide un regard sceptique, et lorsque le mur de glace eut finit de fondre et que celui de feu eut été dissipé par son créateur, je me concentrai tout en sortant un petit dé de ma poche, et commençai mon incantation. Lorsque mon dé se fut évaporé, je levé le nez, et ouvrit les yeux. Je vis Conrad me regarder d'un air interrogateur et Tanator qui se dirigeait vers nous, et un couloir vide de tout obstacle. Et sous le regard médusé de Conrad, je passai à travers la grille. Tanator me regarda passer puis me dit :
- Par quel prodige à tu fais disparaître cette porte ?
- Par un truc que t'aime pas…
- Entropie ?
- Hihi oui
- Tient, elle est là à nouveau la porte ? C'est très court comme sort ?
- Mais non, elle vient de disparaître seulement maintenant ta porte ! Tu te fous de nous Zouran ! ?
- Mais non, en fait à chaque fois que vous quittez la cible des yeux, elle a une chance sur deux d'être là ou pas là quand vous regarderez à nouveau… C'est simple non ?
- Euuuh le concept est simple, mais je veux pas chercher à comprendre comment ca marche. Enfin, elle n'est plus là, c'est le principal n'est-ce pas ? Bien joué Zouran.
- Merci merci, mais ca, c'est parce que le druide m'a provoqué.
- Quoi qu'il en soit, nous voilà libre. Ils nous ont largement sous-estimés. Ca va saigner
- D'accord avec toi Zouran, ca va chauffer je dirais, souffla Tanator.
- Surtout que l'équilibre est à présent menacé…
- Allez, marre de ce temple, on se barre, j'ai des comptes à régler avec un glaçon et un hérisson...
